Revue de presse du 26/10 au 1 novembre 2020

11 mins read

A la Une de la presse, une semaine électorale sous haute tension en Afrique  de l’ouest divisée par le syndrome du troisième mandat. Les ivoiriens aux urnes pour élire leur président, le Burkina se prépare à son tour. En France, la tension monte entre Emmanuel Macron et certains pays arabes. Pendant ce temps, aux États-Unis, les journaux dévoilent le jackpot de la campagne présidentielle. 

Un scrutin sous haute tension : La peur  dans le ventre des ivoiriens 

Après la Guinée, les ivoiriens (près de 7,5 millions) ont voté  ce samedi pour élire leur président. Un scrutin sous haute tension rythmé par une opposition décidée à ne pas jeter sa carte.  Déjà, informe Abidjan.net, la ville de “Yamoussoukro était sous tension”.Des échauffourées ont éclaté entre les forces de sécurité et des manifestants qui ont érigé des barricades, selon plusieurs témoins”.

Certains habitants d’Abidjan partent pour leur village selon RFI  qui précise que les tensions entre pouvoir et opposition inquiètent la population, notamment dans la capitale économique Abidjan ou à l’intérieur du pays.

Selon France24, c’est “une journée de vote marquée par de nombreux incidents”. “Des incidents ont eu lieu à Daoukro, mais aussi à  Bongouanou, à M’Batto, à Attiegoukro. Dans ces localités, des routes ont été bloquées pour empêcher l’acheminement du matériel électoral. Certains bureaux de vote ont été saccagés.”

Il faudrait donc éviter la tempête pour ce scrutin qui a fait presque 30 morts comme le souhaite Laurent Gbagbo qui sort de son silence après neuf ans. En exclusivité sur TV5, l’ancien président parle de “Catastrophe” titre France24. Pendant ce temps, le site infodrome.com  explique en détails  comment le “vote se passe dans le pays”.

  • L’opposition ne veut pas d’élection

Malgré les événements de 2010 qui avaient placé le pays dans le chaos, beaucoup d’ivoiriens prient pour que cela  ne se reproduise plus jamais. Parmi les 4 candidats retenus par le conseil constitutionnel, seuls Alassane Ouattara et KKB ont fait campagne, Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan se sont abstenus, rappelle le Point.fr . « Il n’y a pas de période électorale sans tension », souligne le Président sortant  après son vote dans les colonnes du Nouvels Obs. En attendant que la commission électorale annonce les résultats du vote d’ici 5 jours, la Côte d’ivoire retient son souffle. 

Le Burkina prend le relais 

Le Burkina espère aussi avoir un souffle nouveau. La presse locale et internationale fait état de la présidentielle déjà lancée. Le journal de Montréal présente l’affiche : 13 candidats sont en lice pour le palais présidentiel. A Sidwaya de titrer, « Présidentielle 2020: les candidats positionnés sur le bulletin de vote ». Le quotidien rapporte ensuite les propos du Président de la CENI qui rappelle aux burkinabè qu’ils sont détenteurs de la souveraineté et du pouvoir.

Le Pays, estime que « Le fair-play doit être le maître-mot ». Rappelons qu’en 2015, le Burkina avait séduit en organisant des élections presque parfaites. Dès le début pourtant Burkina24 rapporte l’indignation du maire de la capitale face à la violation de deux lois portant sur la réglementation de la publicité et sur le code électoral. 

Cette campagne s’inscrit selon Le Faso.net dans un contexte incertain où se mêlent conflits communautaires, attaques de groupes armés non identifiés et dérives des Volontaires pour la défense de la patrie. « Ici, la pandémie que les populations craignent le plus, ce n’est pas le corona mais les élections » estime SMARTY, largement repris par les activistes sur les réseaux sociaux. Pour les journalistes répondant à Le faso.net, la principale crainte est l’insécurité et les attaques terroristes. 

Etats-Unis : Une campagne électorale jugée comme la plus chère de l’histoire

Si en Afrique, le coût des élections n’a pas été dévoilé, aux USA, les journaux dressent déjà le bilan à J-2. Le quotidien américain New York Times dévoile le chiffre de 14 milliards de dollars, une somme dépensée par les partis démocrate et républicain pour les campagnes présidentielles et sénatoriales. Toujours selon le New York Times, cette somme “C’est le double de la précédente élection qui opposait Clinton-Trump en 2016.

Il est à mentionner que près de 2 milliards de dollars ont été utilisés pour la diffusion de spots publicitaires à la télévision.             

L’appel des femmes à voter Joe BIDEN

Les derniers sondages du Wall Street Journal autour des candidats en lice pour la présidentielle révèlent que Joe Biden serait soutenu par 58 % des femmes et 43 % des hommes, alors que l’actuel président Donald Trump serait soutenu par 50 % des hommes et seulement 35 % des femmes.

Sur fond de crise sanitaire mondiale et en pleine élection, les femmes souhaitent pleinement participer au scrutin en votant pour le démocrate Joe BIDEN, car estimant avoir été oubliées par l’administration Trump face aux effets du coronavirus qui a vu, depuis avril, le taux de chômage des femmes atteindre 16,2 %, contre 13,5 % chez les hommes. (Wall Street Journal)

La France, les caricatures et le terrorisme islamiste

Semaine de tensions entre la France et une partie du monde musulman après que le président français Emmanuel Macron a revendiqué le droit de caricaturer le prophète Muhammad. 

La presse française a traité le sujet de façon assez unanime en soutenant le chef de l’État dans ses positions tandis que les appels au boycott se multipliaient dans plusieurs pays du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord. Toutefois  RTL se veut rassurant en rapportant que “ l’économie française n’est pas impactée car les pays concernés ne sont pas des partenaires commerciaux de premier plan“.  Mais pour Libération “toute désordonnée, opportuniste, idéologisée et politisée qu’elle soit, la campagne de boycott des produits français commence à irriter sérieusement en France“. 

Les médias du monde arabe sont également unanimes quant à ce qu’ils considèrent comme des provocations de la part de la France.  Ainsi Al Jazeera revient sur les propos du président français qui estime que « l’islam est en crise ». Ce média (l’un des plus suivis dans le monde arabe) juge « les commentaires de M. Macron, ambitieux et provocateurs » et ajoute que « le gouvernement devrait plutôt s’efforcer de remédier à la marginalisation des musulmans français dans les banlieues…».

Près de deux semaines après la décapitation du professeur Samuel Paty le, la France revit une tragédie le 29 octobre lorsqu’un terroriste pénètre une basilique à Nice pour sauvagement assassiner trois personnes.

A l’instar du public, la presse française et internationale sont sous le choc, et rapportent les condamnations du monde entier.


Le monde rappelle que “c’est la quatrième fois en cinq ans qu’une église est visée par des djihadistes“. Nos confrères de Libération se souviennent que « le 14 juillet 2016, Nice avait déjà vécu l’horreur lorsqu’un camion conduit par un terroriste sur la Promenade des Anglais avait tué 86 personnes ». Tandis que Le New York Times nous livre une analyse politisée de la situation, estimant que « la réponse du gouvernement et le langage acerbe de certains de ses dirigeants ont engendré des critiques quant à la politisation de l’attaque par M. Macron, accusé de jouer le jeu d’électeurs qui pourraient autrement se ranger du côté de ses adversaires d’extrême droite ».

La Rédaction

Africactu est un site d'analyses, de reportages et d'enquêtes panafricain.

Latest from Blog